Transparente comme un souffle
En première Mondiale, Guy Ellia dévoile une montre dont la transparence invite à toutes les méditations. Dans l'air du temps par cette faculté de montrer les détails d'elle-même, cette pièce offre ceci de paroxystique qu'elle transcende le rien pour en faire une quasi matière.
En contemplant cette création répondant au nom de Zéphyr, l'âme rapidement gagnée par l'onirisme, se laisse alors bercer par un souffle de douces sensations propice à lui faire atteindre le stade de l'émotion pure.
La Zéphyr est limpide et marque un aboutissement dans la logique de création de Guy Ellia.
Cet instrument horloger dont le calibre découle des extraordinaires créations tourbillon, s'inscrit clairement dans le programme des hautes complications maîtrisées par la Maison et se veut l'incarnation faite transparence d'une vocation d'offrir à l'horlogerie une autre dimension.
Guy Ellia compte au nombre de ces hommes passionnés par les pierres et les transparences. De cet attachement est né ce souci du détail qui, invisible mais bien présent, donne son caractère à une création. Confronté à la pureté la plus absolue en joaillerie, il devait, par projection, repenser le mode de lecture de l'heure et en offrir une interprétation telle qu'elle affiche, au grand jour, la clarté de son analyse volumique et son aspiration à toujours aller de l'avant en matière de design.
Seules quelques montres mécaniques dans l'histoire du temps sont parvenues à atteindre cette sorte de Nirvana de la clarté absolue. Historiquement, on sait les bijoux horlogers de la renaissance avoir tentés de jouer avec les rayons solaires et le regard de leur propriétaire en s'habillant de cristaux facettés. On se souvient des pendules mystérieuses de l'horloger Oudin. On connaît quelques exemples de montres américaines de la fin du XIX ème dont les horlogers ont façonné les ponts et les platines dans des cristaux de quartz de l'Arkansas. On se rappelle encore de quelques références créées récemment par les meilleurs horlogers suisses et habillées de platines taillées dans du quartz rutile. Au final seules quelques dizaines de pièces visibles dans leur plus simple appareil semblent avoir jamais existé.
C'est infiniment moins que les plus compliquées des montres. On en déduit donc que la transparence absolue est l'exercice le plus difficile à réaliser pour l'horloger.
En somme, deux voies s'offrent aux artistes : la richesse par la multiplicité des traitements ou la pureté faite de la plus grande sobriété possible. On pourrait croire chez les horlogers, la difficulté de se détacher de la matière née d'une sorte de peur du vide. Au contraire, fasciné par l'aspect aérien de la création, la brillance pure des diamants, la couleur des pierres précieuses et les jeux qui en découlent, Guy Ellia, dans une démarche de construction d'une nouvelle perception du temps, mûrie au regard d'un joaillier, offre aujourd'hui quelque chose de vraiment neuf à la montre de luxe.
Cette création mécanique, mue par un calibre à remontage manuel très soigné en provenance de la manufacture Christophe Claret, vit au gré des remontages de son propriétaire dont un seul regard parvient à embrasser le cour. Ce joyau de saphir englobe, dans une architecture très contemporaine juste soulignée de deux brancards de platine, la quintessence de l'horlogerie technique : un tourbillon semblant comme suspendu entre ciel et terre. Pièce d'une inflexible simplicité, elle peut, au gré des souhaits de son acquéreur se parer de ponts et d'une platine transparents et doucement teintés de couleurs rouge, bleue ou fumée. De la superposition née de l'agencement des composants, naît un dégradé particulièrement intéressant raisonnant sur l'acier poli des pivots et le traitement des roues taillées en dent de loup.